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Tracteurs pétaradants, slogans joyeux et tonitruants, percussions et chansons à textes... L'opposition au projet d'aéroport est bien là, rassemblée comme promis dans la cité des Ducs de Bretagne, pour dire aux Nantais qu'on leur « ment ». Un cortège d'environ 3 000 participants serpente bientôt, ce samedi après-midi ensoleillé, le long du cours des 50-Otages et observe des stations. L'occasion d'évaluer les troupes et... les ralliements politiques à la cause, en ces temps électoraux.

Le grand consensus. Des drapeaux verts flottent sur la marmite, tout comme les drapeaux orange des centristes estampillés Modem à côté de la LCR, tandis que les mouvements alternatifs tiennent le haut du pavé. Les Verts nantais ont repris du poil de la bête au sortir de l'hiver. Ils forment une délégation, passant outre leur alliance avec le maire sortant socialiste Jean-Marc Ayrault, cible privilégiée des opposants à l'aéroport. Au micro, le député Vert François de Rugy tient un discours combatif : « Vous pouvez compter sur nous pour être fidèles à nos convictions écologistes, où que nous soyons... Rien n'est encore décidé ; si le financement n'est pas au rendez-vous, le projet ne se fera pas... »

Les maires de Treillières et de Grandchamp-des-Fontaines, reviennent à l'essentiel : « Cet aéroport n'est pas un progrès pour le développement de notre territoire, mais le perturbera gravement... Les 500 millions d'euros qu'il coûtera pourraient être affectés à des projets plus porteurs d'avenir, ce n'est pas raisonnable... Que vont devenir nos communes ? »

Enterrement de première classe. Entre discours galvanisateurs et intermèdes musicaux, le cortège s'arrête devant un immeuble annexe de l'hôtel de ville de Nantes, dont l'accès a été barré par les forces de l'ordre à la demande du maire. Avec solennité, un cercueil en bois noir contenant symboliquement le projet d'aéroport est débarqué devant l'entrée des locaux, tandis qu'un militant associatif entonne la marche funèbre au cor. Une salve d'applaudissement salue « l'enterrement » de l'aéroport.

Sans la caution de l'Europe. La députée Verte européenne Marie-Hélène Aubert a fait le déplacement à Nantes pour répéter publiquement que « l'Europe ne mettra pas un sou dans ce projet. Au contraire, elle encadre très strictement les fonds publics investis dans les plateformes ou les grands projets, afin d'éviter des distorsions de concurrence dans le transport aérien... ».

Pour Marie-Hélène Aubert, « il y a une bataille à mener, notamment par des recours, pour mettre à jour les contradictions invraisemblables entre ce projet et les objectifs du développement durable. Au-delà des couleurs politiques, les élus locaux doivent être capables de dire non... »

Qu'en est-il du problème de la sécurité généralement invoqué pour l'actuel survol de Nantes ? « L'aéroport de Nantes Atlantique doit être optimisé par de nouveaux aménagements, une meilleure desserte, etc. En ce qui concerne la dimension internationale d'un nouvel d'aéroport, on joue très largement en deuxième division. Au mieux, Notre-Dame-des-Landes sera un aéroport régional... C'est de la folie furieuse... »

Jocelyne RAT.

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