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Sur le terrain, nous avons suivi à la trace les sept candidats nantais aux municipales. Dernier carnet de campagne : Benoît Blineau (MoDem).

7 h, arrêt de tram « Duchesse Anne ¯ Château ». Vent et giboulées. Météo de saison. Il en faut plus pour décourager Benoît Blineau. Depuis quelques semaines, le candidat de la liste « Nantes démocrate 2008 » fonce pied au plancher.

Compilant « très souvent » deux journées en une : entre les consultations dans son cabinet de kinésithérapeute ostéopathe et la campagne des municipales, il lui reste très peu de temps à consacrer à sa femme et à leurs six enfants. « Jean-Marc Ayrault et Sophie Jozan ont de véritables armées à leur disposition, insiste-t-il. Au MoDem, nous faisons la campagne en plus de notre boulot... Nous n'avons pas les moyens de nous payer une agence de com'pour écrire et imprimer notre programme. »

« Il y aura un second tour »

Ce matin-là, avec Benoît Blineau, ils sont six militants du MoDem à braver les caprices de Dame Météo. Facilement reconnaissables avec leur fameuse écharpe orange nouée autour du cou. « Le symbole de la révolution pacifique en Ukraine, sourit l'un d'entre eux. A notre tour de la faire à Nantes. »

« Duchesse Anne » : l'endroit est stratégique. A la croisée du tram et du busway. Des centaines de personnes y passent chaque matin. Idéal pour « tracter ». Pour cette dernière semaine de campagne, Blineau et ses colistiers ne se ménagent pas : ils écument les marchés, sillonnent les quartiers en camping-car, organisent des soirées débat, distribuent clémentines et ballons orange... Le récent sondage Ipsos paru dans 20 minutes qui ne leur attribue que 9 % des voix, n'a pas modéré leur ardeur, bien au contraire. « Il y aura un second tour et nous y serons, martèle Benoît Blineau. Pas question de se désister pour qui que ce soit... »

Une rame déverse son lot de voyageurs, encore engourdis par la nuit. Machinalement, ils se saisissent des journaux gratuits que leur tendent deux charmantes jeunes filles. Le programme du MoDem, lui, a nettement moins de succès. Refus polis. Sourires compatissants. Beaucoup de dépliants disparaissent au fond des sacs sans même un coup d'oeil. Les militants n'insistent pas.

Quelques encouragements fusent toutefois. « Je vous ai vu à la télé. Vous êtes contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes... C'est bien. » Quelques minutes plus tard, c'est une étudiante qui murmure à sa copine : « C'est Blineau. L'homme du téléphérique. Il veut en construire un de la butte Sainte-Anne à l'Ile de Nantes. »

« Meilleur ennemi »

Né en 1962, Benoît Blineau a grandi à Nantes. Dix ans d'Externat des enfants nantais. Un diplôme d'État de kinésithérapeute. L'ouverture d'un cabinet qui devient vite réputé : la voie royale pour ce grand sportif assez timide, porté par ses idées plus que par son ambition. Et qui puise son inspiration dans son mode de vie et « non dans le dogmatisme des partis ».

Benoît Blineau s'intéresse très jeune à la politique. Il se forge un idéal en observant ses illustres aînés, dont il revendique la filiation : Raymond Barre. Giscard pour qui il collait des affiches dès 14 ans. Michel Crépeau, l'ancien maire rad'soc'de La Rochelle, « le premier à mettre des vélos en location dans sa ville ». Balladur. Harousseau, dont il sera le colistier lors des municipales de 2001. Et puis François Bayrou qu'il a soutenu lors de la dernière présidentielle.

Le « tractage » est désormais terminé. Petite pause dans un bistrot de la rue Foch avec les militants avant de regagner son cabinet. Un café réparateur. Il engloutit la petite barre de chocolat qui l'accompagne. Il sourit : « C'est mon meilleur ennemi. »

Joël BIGORGNE.

 
Ouest-France

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Benoît Blineau (MoDem) est persuadé d'être au 2e tour. Il y exclut toute alliance.


Pourquoi avoir choisile stade de Procé pour nous recevoir ?

Je le trouve magnifique. C'est un des plus beaux stades de France. Il est inclus dans le parc de Procé et permet de bien se détendre vis-à-vis de la vie trépidante de la ville. C'est aussi un lieu associatif qui appartient à la municipalité. Pour tout jeune Nantais, c'est très important de pouvoir accéder à ce type de lieux, tant en culture qu'en sport. Car je ne veux pas faire de distinguo entre les deux. C'est un lieu d'épanouissement totalement différent du contexte scolaire, une véritable école de vie. C'est là que je suis arrivé à 13 ans. J'ai pu y apprendre la conscience politique.

Comment définiriez-vous Nantes en une phrase ?

Nantes est une ville d'eau, même si on l'oublie souvent.

Quels sont vos passion set loisirs hors politique ?

Le sport en premier lieu, mais aussi les voyages. C'est pourquoi je travaille beaucoup pour avoir l'occasion de voyager avec ma famille.

Quels sont vos points forts et vos points faibles ?

Mon point faible, c'est certainement de manquer un peu de rigueur. Mais je ne suis pas quelqu'un de torturé. Je suis ouvert, j'aime bien la vie.

Qu'est-ce qui vous a amené à la politique et depuis quand ?

J'ai commencé en politique il y a 15 ans, en 1993, à partir de mon club d'athlétisme. C'est parce que je me suis rendu compte que pour être plus efficace, il fallait mieux travailler de l'intérieur.

« Je me bat pour des valeurs »

Est-ce compatible avec votre vie de familleet votre vie professionnelle,notamment en campagne ?


J'ai toujours fait énormément de choses, en dehors de mon travail, en particulier du sport. Mais cela n'a jamais nuit à ma vie de famille, ni à mes relations avec mes amis qui sont très importantes à mes yeux. Il n'y a donc pas de changement.

Acceptez-vous que l'on dise que vous avez peu de chance d'être élu ? Qu'est-ce qui vous anime dès lors ?

Moi j'ai toujours été habitué à être dans un parti minoritaire. Depuis quinze ans que je fais les élections, je n'ai jamais gagné (rires). Je suis habitué. J'avais misé sur Balladur puis François Bayrou. Au niveau des législatives, c'est pareil. Cela ne me traumatise pas. Mais je veux défendre les valeurs qui sont les miennes, à la fois libérales et sociales, européennes. Et avec le MoDem, on a, en plus, tout un volet qui concerne le développement durable, l'écologie. Ce sont des piliers auxquels je tiens et je me bats pour ces valeurs.

Cette campagne aura-t-elle changé quelque chose pour vous ?

Je pense que oui, mais on est un peu trop dedans actuellement. Il faudra faire le bilan. Cela a été passionnant, ne serait-ce que par l'équipe qu'il y a eue. Cela changera certainement quelque chose, mais c'est trop tôt pour l'analyser maintenant.

« Pas d'allianceau deuxième tour »

Vous vous voyez au 2e tour ?


Oui, on se voit au 2e tour. Les sondages sont à 9 %, mais je crois vraiment qu'on va passer la barre des 10 %. Et on sera au 2e tour, car on s'y maintiendra. On y croit sincèrement et on met tout en oeuvre pour y être.

Vous pensez que vos électeurs viendront de gauche ou de droite ?

Sur le plan stratégique, quand Jean-Marc Ayrault est à Nantes, il joue un peu la carte du centre, Sophie Jozan veut aussi jouer la carte du centre. Nous, on voit plus la carte de l'avenir. C'est raisonner différemment pour apprendre à s'en sortir. Car à l'allure où on va, il n'y aura pas de XXIIe siècle. On veut arrêter de raisonner comme dans les années 70. Et je donnerais comme exemple l'aéroport, qui a été prévu en 1970 pour accueillir le Concorde, alors qu'on sait très bien que dans 20 ans il n'y aura plus de pétrole. Ce n'est plus l'avenir. C'est très symbolique, mais cela montre bien la différence. Jozan et Ayrault sont d'accord, nous, on prend des décisions qui sont importantes, qui ne sont peut-être pas facile à faire comprendre au public, mais on est là pour ça.

Vous étiez dans l'opposition avec Sophie Jozan. Qu'est-ce qui vous différencied'elle aujourd'hui ?

Elle est sarkozyste. Elle l'a dit. Elle est en admiration devant Sarkozy. Nous, on est très sceptique sur le personnage depuis le départ. Chaque jour, on a la preuve finalement qu'il n'est peut-être pas le bon président pour sortir la France de ses problèmes.

Pourriez-vous faire alliance avec la liste Jean-Marc Ayrault s'il vousle proposait, comme cela s'esquisse à Paris ?


Actuellement non. On en a reparlé de façon très franche avec les colistiers, et ce n'est pas le souhait de la grande majorité. Le souhait est de faire un deuxième tour en étant autonome.

« Je suis pour une opposition constructive »

Si vous n'êtes pas élu, quel opposant à Jean-Marc Ayrault ou Sophie Jozan serez-vous ?


J'ai toujours été partisan d'une opposition constructive, et c'est ce que j'ai essayé de faire dans le dernier mandat. Quand on regarde mes interventions, c'était pour proposer quelque chose, comme une piscine olympique, la gratuité de stationnement pour les handicapés. Je veux que Nantes se porte mieux. Et je travaille toujours dans cet état d'esprit.

Comment jugez-vousSophie Jozan et Jean-Marc Ayrault ?

Ils se ressemblent. Je les trouve un peu tristes tous les deux, et plus leur campagne avance, plus on se rend compte qu'on a à faire à deux mêmes tempéraments. Ils ont tous les deux un certain manque de convivialité. On ne va pas leur taper dans le dos par exemple. Ce sont des gens de valeurs, très respectables. Mais finalement, c'est assez drôle, car à tous les points de vue, ils ont pas mal de points communs au niveau du caractère. Ils n'ont pas assez le regard tourné vers l'avenir. C'est ce que je leur reprocherais.

Êtes-vous satisfait de cette campagne ? Des temps forts, des regrets ?

Je n'ai aucun regret. Quoiqu'il arrive, on ferait la même chose. Jamais, je n'aurais imaginé qu'il y ait pu avoir autant de mobilisation. Cela n'a été que des bonnes surprises avec une équipe très dynamique et des gens de très haut niveau et efficaces. Il y a eu beaucoup de temps forts, car on repose sur le bénévolat. Ainsi, la venue de Corinne Lepage, quelqu'un qui a apporté un plus au Mouvement démocrate. Il fallait changer de nom. L'UDF s'est transformé en MoDem, car un pilier écologique manquait. Les discours de Corinne Lepage ont été très constructifs et très positifs.

Vous êtes élu, quelle est votre première décision ?


C'est d'aller voir Jean-Louis Borloo pour arrêter cette histoire de Notre-Dame des Landes. On est en train de faire une bêtise à 3 milliards d'euros. On va ruiner les Nantais pour le plaisir de ruiner les Nantais pour quelques spéculateurs. Plus on étudie le dossier, plus on trouve cela ahurissant. On va changer un outil de travail de place pour 3 milliards. Et cela ne va rien rapporter de plus, sinon que des ennuis. Il faut regarder qui a acheté des terrains autour de Notre-Dame des Landes. Finalement, on revoit toujours les mêmes personnes. Il faut arrêter ces raisonnements un peu idiots. Jean-Marc Ayrault et Sophie Jozan ne veulent plus de banques en centre-ville, moi non plus d'ailleurs. Mais qui va s'en mettre plein les poches. L'État n'a pas d'argent, François Fillon a dit qu'on était en faillite, que les caisses sont vides. Il va donc falloir emprunter. Et ce sont les banques qui vont encore gagner des millions. Il faut donc changer de raisonnement et c'est ce qu'on a envie de faire.



Propos recueillis par Philippe Corbou
 
Presse-Océan

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Samedi, entre 11 h et midi, neuf enfants au moins avaient une bonne raison de regarder France 3 : ceux de Jean-Marc Ayrault, qui en a deux, les trois enfants du centriste Benoît Blineau et les quatre de Sophie Jozan. Le trio nantais était reçu en direct par Xavier Rolland, Christine Vilvoisin (France 3) et Jean-Marie Biette (Ouest-France). Un brin tendus malgré leur expérience des plateaux télé, ils ont échangé arguments et petites phrases. En voici quelques extraits:

Circulation

Benoît Blineau : « J'opte pour des transports gratuits. Il faudra faire des économies partout, jusqu'aux galettes des rois. »

Sophie Jozan : « Il faut diminuer les tarifs, sans tomber dans la gratuité, qui est la condamnation du transport en site propre, lequel exige des investissements importants.

Jean-Marc Ayrault : « La gratuité, c'est 30 % de fiscalité en plus. Mais je suis prêt à améliorer certains tarifs. »

Environnement

B.B. : « La pollution à Nantes fait 400 morts par an. »

Aéroport

J.-M. A. « L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes n'est pas un projet personnel, mais un projet commun à la Loire-Atlantique et à l'Ille-et-Vilaine. Je rappelle les risques que comporte le survol de Nantes. Tout à l'heure, j'ai vu un avion descendre, on aurait dit qu'il atterrissait sur France 3. »

B.B. : « Les accidents d'avion ont le plus souvent lieu à 20 km des aéroports. En décollant à Notre-Dame-des-Landes, les avions vont tomber sur Donges. »

Logement

S.J. : « Il y a 13 000 demandes de logements HLM non-satisfaits. Et les nouveaux logements de l'île de Nantes sont maintenant inaccessibles aux classes moyennes, parce qu'ils ont été confiés à des constructeurs qui les financent à 4 000 €/m2. »

J.M.A. : « L'étalement urbain est la responsabilité de toutes les communes qui privilégient les grandes villas. Mon projet est de construire encore plus pour les catégories populaires et moyennes. Sur certains quartiers comme Erdre et Bottière, je veux 40 % à 50 % de logements sous le prix du marché. »

Culture

B.B. : « Je propose des petites vitrines d'exposition dans les rues, les kiosques, les arrêts de tram pour les artistes locaux. »

S.J. : « La culture à Nantes, c'est comme la chanson préférée de M. Ayrault : Les copains d'abord. »

Sports

B.B. « Nantes n'a aucun club dans l'élite dans les 30 sports importants. Nous manquons d'une piscine olympique, d'un vélodrome, d'un stade couvert. »

S.J. : « On ne va pas construire un autre stade de la Beaujoire. »

Recueilli par

Daniel MORVAN.


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Tracteurs pétaradants, slogans joyeux et tonitruants, percussions et chansons à textes... L'opposition au projet d'aéroport est bien là, rassemblée comme promis dans la cité des Ducs de Bretagne, pour dire aux Nantais qu'on leur « ment ». Un cortège d'environ 3 000 participants serpente bientôt, ce samedi après-midi ensoleillé, le long du cours des 50-Otages et observe des stations. L'occasion d'évaluer les troupes et... les ralliements politiques à la cause, en ces temps électoraux.

Le grand consensus. Des drapeaux verts flottent sur la marmite, tout comme les drapeaux orange des centristes estampillés Modem à côté de la LCR, tandis que les mouvements alternatifs tiennent le haut du pavé. Les Verts nantais ont repris du poil de la bête au sortir de l'hiver. Ils forment une délégation, passant outre leur alliance avec le maire sortant socialiste Jean-Marc Ayrault, cible privilégiée des opposants à l'aéroport. Au micro, le député Vert François de Rugy tient un discours combatif : « Vous pouvez compter sur nous pour être fidèles à nos convictions écologistes, où que nous soyons... Rien n'est encore décidé ; si le financement n'est pas au rendez-vous, le projet ne se fera pas... »

Les maires de Treillières et de Grandchamp-des-Fontaines, reviennent à l'essentiel : « Cet aéroport n'est pas un progrès pour le développement de notre territoire, mais le perturbera gravement... Les 500 millions d'euros qu'il coûtera pourraient être affectés à des projets plus porteurs d'avenir, ce n'est pas raisonnable... Que vont devenir nos communes ? »

Enterrement de première classe. Entre discours galvanisateurs et intermèdes musicaux, le cortège s'arrête devant un immeuble annexe de l'hôtel de ville de Nantes, dont l'accès a été barré par les forces de l'ordre à la demande du maire. Avec solennité, un cercueil en bois noir contenant symboliquement le projet d'aéroport est débarqué devant l'entrée des locaux, tandis qu'un militant associatif entonne la marche funèbre au cor. Une salve d'applaudissement salue « l'enterrement » de l'aéroport.

Sans la caution de l'Europe. La députée Verte européenne Marie-Hélène Aubert a fait le déplacement à Nantes pour répéter publiquement que « l'Europe ne mettra pas un sou dans ce projet. Au contraire, elle encadre très strictement les fonds publics investis dans les plateformes ou les grands projets, afin d'éviter des distorsions de concurrence dans le transport aérien... ».

Pour Marie-Hélène Aubert, « il y a une bataille à mener, notamment par des recours, pour mettre à jour les contradictions invraisemblables entre ce projet et les objectifs du développement durable. Au-delà des couleurs politiques, les élus locaux doivent être capables de dire non... »

Qu'en est-il du problème de la sécurité généralement invoqué pour l'actuel survol de Nantes ? « L'aéroport de Nantes Atlantique doit être optimisé par de nouveaux aménagements, une meilleure desserte, etc. En ce qui concerne la dimension internationale d'un nouvel d'aéroport, on joue très largement en deuxième division. Au mieux, Notre-Dame-des-Landes sera un aéroport régional... C'est de la folie furieuse... »

Jocelyne RAT.

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